Concours de maîtrise d’œuvre public, le BIM de plus en plus demandé

Afin de mesurer la prise en compte du BIM par la maîtrise d’œuvre publique, le Conseil national de l’ordre des architectes (CNOA) a effectué une étude portant sur l’analyse des avis de concours publiés depuis avril 2016, date à laquelle a été lancée la réforme de la commande publique. Les résultats viennent d’être dévoilés.

Premier enseignement : « l’intégration du BIM dans les concours de maîtrise d’œuvre connaît une progression constante, particulièrement depuis la mise en œuvre de la réforme de la commande publique », expliquent les auteurs de l’étude. Du 1er avril 2016 au 20 février 2018, 8,10 % des concours ont intégré le BIM et la maquette numérique contre 0,49 % entre le 1er avril 2013 et le 31 décembre 2014 et 5,72 % entre le 1er janvier 2015 et le 30 mars 2016. « Une tendance similaire est observée en marché global. »

Une seconde observation porte sur les attentes des acheteurs. « En termes d’impact sur le processus de sélection, les maîtres d’ouvrage érigent principalement le BIM comme une condition de participation. La compétence BIM dans l’équipe candidate est imposée dans 88 concours sur les 128 références », soit 68,75 % des cas. Quant à la remise de prestations sous forme de maquette numérique lors de la phase d’évaluation des projets, le CNOA estime qu’elle reste marginale.

Par ailleurs, en matière de prise en compte du BIM dans la mission de maîtrise d’œuvre, quand elle est précisée (ce qui n’est pas le cas à 37 %), elle est surtout incluse dans la mission de base (30,77 %) ou identifiée comme mission complémentaire (23,08 %). « Il faut noter que la traduction des notions de BIM et de maquette numérique dans les compétences exigées des candidats et la nature des missions confiées est très hétérogène. » On retrouve ainsi des appellations variées telles qu’AMO BIM, gestionnaire BIM, démarche BIM… Il n’est également pas rare (un cas sur trois) qu’il soit impossible d’identifier la nature de la mission BIM confiée à la maîtrise d’œuvre.

Enfin, les concours intégrant le BIM sont lancés en premier lieu par les acteurs territoriaux (66 %) puis l’État (19,53 %) et les bailleurs sociaux (9,38 %).

Pour le CNOA, ces résultats montrent que si le BIM est de plus en plus demandé, le degré de maturation de son intégration est encore faible, tout comme le fut, en son temps les démarches de développement durable. Les deux thématiques semblent d’ailleurs suivre la même trajectoire. Il n’empêche que « la compétence BIM va vraisemblablement s’institutionnaliser comme une condition de participation ». Les agences d’architecture vont donc devoir mener une réflexion autour de l’intégration de ces nouvelles compétences, en interne ou en externe.

 

 

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