Le PVC allume la toile

La menuiserie PVC ne laisse pas indifférent. Dernier exemple en date, le débat sur l’amendement visant à interdire ce matériau dans le cadre de la loi Elan.

Plus de cinquante commentaires suite à un article publié sur le site d’information en ligne Batiactu… ça n’est pas un mauvais score. C’est surtout le signe que la menuiserie PVC continue d’être un thème passionnel et que le débat devient passionnant. Rappel des faits : les amendements 900 et 901 déposés par le député Emmanuel Maquet (LR) visaient à interdire la menuiserie plastique dès 2022. Les textes ont finalement été rejetés par la Commission aux affaires économiques. Mais tout le monde aura entendu à cette occasion les arguments en faveur de la menuiserie bois. La filière attend en effet son grand retour en s’appuyant d’une part sur l’emploi créé dans des régions de France souvent sinistrées et d’autre part sur l’argument « écologique » qui colle à l’image du bois.

C’est cependant sur la toile et notamment dans les commentaires que les esprits se sont échauffés. En parlant de chaleur, c’est justement la réaction au feu du matériau qui irrite les défenseurs du plastique. Certains parlent d’un « matériau naturellement ignifuge » quand d’autres constatent qu’il n’y a pas besoin d’avoir de flammes pour observer un dégagement de fumée irritante avec le PVC. Les commentaires sur la toile montrent que si le débat revient régulièrement sur le devant de la scène, il n’a pas perdu en intensité. « Zéro mort à son actif, et pas la moindre maladie professionnelle chez les salariés qui travaillent cette matière au quotidien. Les seuls dangers identifiés sont les phtalates inexistants en menuiserie PVC », lance ainsi un internaute qui entend défendre la filière PVC en pointant du doigt « les innombrables traitements insecticides dont on bourre le bois afin qu’il résiste aux termites et autres insectes… ». Du trottoir d’en face, on rappelle « qu’on faisait des menuiseries en bois bien avant l’invention du PVC, on en fait encore et on en fera longtemps après que le PVC sera devenu soit interdit ou … inaccessible car avec du pétrole à 150$ le baril… ».

L’opposition du PVC et du bois est un vieux serpent de mer qui semble donc encore avoir de beaux jours devant lui. Une chose est sûre : le député Emmanuel Maquet a réussi un joli coup de com’. D’autant que ces amendements n’avaient dès le départ aucune chance d’aboutir. Rappelons qu’au même moment les députés rejetaient les amendements pour l’interdiction du glyphosate (principe actif du Roundup), herbicide pourtant jugé cancérogène par l’Organisation mondiale de la Santé.

 

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