Réforme du CITE : La fragilité de l’Anah pointée du doigt

Energies et Avenir organisait une table ronde le 4 décembre dernier sur la transformation du crédit d’impôt à la transition énergétique, et son impact sur le financement de la rénovation énergétique. L’importance de renforcer les services de l’Anah, futur guichet unique du dispositif d’aides, et de s’appuyer sur les collectivités territoriales a notamment été soulignée.

Si beaucoup jugent pertinente la transformation d’un crédit d’impôt en prime versée dès les travaux plutôt qu’une avance financière, Danyel Dubreuil du collectif Rénovons ! a regretté un budget alloué à la rénovation énergétique en baisse depuis plusieurs années. Regret partagé par la députée de l’Isère Marie-Noëlle Battistel, vice-présidente de la commission des affaires économiques, qui rappelle que l’enveloppe est pasée de 2 Mds€ en 2018 à 850 M€ en 2020.

Autre inquiétude soulevée par Danyel Dubreuil, la charge de travail que devra gérer l’Anah.  » 200 000 dossiers supplémentaires sont annoncés pour 2020, concernant les déciles 1 à 4, à qui s’ajouteront d’autres centaines de milliers de dossiers en 2021, avec les déciles 5 à 8 «  (ndlr : le système de prime étant lancé uniquement pour les ménages modestes et très modestes en 2020, avant d’être étendu aux ménages intermédiaires en 2021). Le coordinateur de Rénovons ! a souligné l’importance de s’appuyer sur les collectivités territoriales, à travers le réseau FAIRE.

Philippe Méon, président d’Energies et Avenir, s’est quant à lui montré sceptique sur la diffusion du message. « Les particuliers vont se tourner vers les profesionnels pour qu’ils leur expliquent le fonctionnement des aides. Des professionnels qui auront peut-être, eux aussi, du mal à s’imprégner de ce nouveau dispositif, très complexe à cause de ce découpage en déciles. »