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Olivier Salleron, président de la Fédération Française du bâtiment, a présenté ce jeudi 12 avril la conjoncture du bâtiment à fin mars 2023. Et bien qu’anticipées et attendues, les nouvelles ne sont pas bonnes.

La crise annoncée dans le logement neuf est amorcée – et va s’amplifier, selon Olivier Salleron – quand l’amélioration-entretien, qui porte le marché, affiche un petit tassement, avec seulement + 2 % d’ici 2024. « Au global, la production du bâtiment reculerait de 4 % en volume entre 2022et 2025 », a ainsi précisé le président de la FFB. Conséquence directe : la disparition de près de 100 000 poste sur la même période, salariés et intérimaires.

L’état des logements neufs est dû à l’effondrement des permis (-26,7 %) et des ventes. Olivier Salleron précise que « sans changement institutionnels, la chute des ventes de logements neufs se poursuivrait en 2023, avec -20% anticipé, avant un stabilisation à niveau bas en 2024 ».

 

Pour le non-résidentiels, les bons chiffres des surfaces autorisées (une accélération de 7,9 %), notamment dans les bureaux et les bâtiments administratifs, compense la chutes des surfaces commencées (-14,5 % en glissement annuels sur trois mois à fin février), pénalisées par les commerces, les locaux agricoles et les bâtiments industriels. Résultats : une activité qui se maintiendrait à son niveau de 2022.

 

Les mêmes propositions depuis un an

Afin de pallier le risque de recul à 4 %, la FFB rappelle les mesures déjà proposées :

– Un assouplissement du ZAN dans la lignée de ce qui a été proposé au Sénat.

– Un assouplissement des règles du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) en matière de crédit immobilier « sur lesquelles butent aujourd’hui les établissements distributeurs, et intégration du reste à vivre dans les règles de décision ».

– Le rétablissement du PTZ neuf à 40 % en zone B2 et C et la révision de ses barèmes et leur indexation.

– La mise en place d’un impôt RE2020 sur les annuités d’emprunt.

– Le redéploiement d’un dispositif au moins équivalent que le « Pinel » « afin de poursuivre plus sereinement les échanges sur le statut du bailleur privé que nous appelons de nos vœux à moyen terme ».

– L’augmentation d’un milliard d’euros par an pendant cinq ans du budget MaPrimeRénov’.

– La simplification des démarches MaPrimeRénov’ et CEE.

– La pérennisation du crédit d’impôt en faveur de la rénovation énergétique des locaux TPE et PME.

Inquiétudes

En revanche, la Fédération a fait part de ses craintes concernant d’autres propositions, telles que l’abandon de tout objectif chiffré national de construction de logement. « Sans cet objectif, comment calibrer les aides ? Comment envisager une programmation, en particulier en matière de logement social ? Si les collectivités arrêtent seules des objectifs, comment garantir la cohésion nationale ? Quid du traitement des fractures territoriales ? », a précisé le président, avant de conclure : « Le Compte du logement permet de constater qu’en solde net, le logement contribue pour plus de 50 milliards au budget de la Nation, niveau historique. Il faut veiller à ne pas tuer la poule aux œufs d’or ! »

Le coût des matériaux toujours problématique
La hausse des prix des matériaux semble changer de visage. Ceux qui avaient progressé le plus vite de la fin 2020 à juillet/août 2022 « s’affichent en recul rapide », indique Olivier Salleron, président de la FFB. En revanche, avec la crise de l’énergie, des matériaux tels que les tuiles, les produits céramiques, le verre ou encore les produits issus du ciment voient leurs chiffres bondir depuis le début de l’années. « Les index BT, représentatifs des coûts du bâtiment, se redressent donc à nouveau. Et cela perdurera du fait des revalorisations salariales dans le bâtiment, dans un contexte de forte inflation qui se maintiendrait au-delà de 5 % en 2023. »