Réutiliser fenêtres et matériaux de déconstruction pour lutter contre la précarité

Réutiliser fenêtres et matériaux de déconstruction pour lutter contre la précarité

Et si nous réutilisions les anciennes fenêtres pour aider les plus démunis, plutôt que de les détruire ? Cette initiative mise en place en Lorraine montre la voie d’une économie raisonnée et solidaire. Réduire les dépenses énergétiques, économiser les matières premières par le recyclage, réutiliser les matériaux issus de la déconstruction constitue aujourd’hui la meilleure stratégie face aux défis actuels. D’autant qu’elle peut être créatrice d’emploi.

Citons par exemple, le chantier du nouveau siège de la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne, à Metz, baptisé Le Charlemagne. Ce chantier de déconstruction – reconstruction responsable montre la voie à tous ceux qui souhaitent entreprendre une rupture avec le modèle économique traditionnel du bâtiment. Situé en milieu architectural sauvegardé, il comprend huit bâtiments centenaires. La première phase des travaux a été inaugurée en novembre 2016. La livraison devrait intervenir fin 2017.

Récupérer des fenêtres pour insérer des chômeurs

Ce chantier de déconstruction a permis l’insertion sociale professionnelle de chômeurs longue durée avec établissement de clauses de marchés de 12.000 heures allouées (effectuées durant les travaux). Cette action était complétée par le don de matériaux pour réemploi (fenêtres double vitrage, cloisons isolantes). Ce don était en faveur de personnes en situation de précarité énergétique ou nécessitant une réinsertion sociale et professionnelle.

Réemployer des fenêtres pour la réinsertion

Les vestiaires de l’ESAT agricole situé à Vaissincourt (55) ont ainsi bénéficié, en autre, des fenêtres du chantier de déconstruction de la Banque Populaire. Il s’agit de six bâtiments de 30 m².  Chacun a été conçu à l’aide de deux constructions modulaires de chantier récupérées. Laine de verre pour l’isolation, matériels électriques viennent aussi de la filière « récupération ». Les fenêtres issues de la déconstruction du siège social de la BPLC à Metz ont été données. Mais à condition que l’entreprise vienne les démonter sur place. La principale difficulté a été d’harmoniser d’un point de vue esthétique, tous les vestiaires. Car les fenêtres récupérées (qui étaient en bon état) n’étaient pas identiques.

Reconstruire avec des matériaux de récupération pour réduire les coûts

Selon Yannick Thiercy de l’AMIEAMIE : association meusienne d'information et d'entraide. L... 55 à l’initiative de l’opération, travailler avec des matériaux issus de la déconstruction permet de réaliser de réelles économies (600€/m² pour une construction modulaire). Une subvention a été également obtenue permettant de prendre en charge 50 % du prix du plateau de transport des constructions modulaires.

Comment réussir de tels défis ?

La rapidité de mise en œuvre a largement contribué à la réussite de ce chantier, mais pas seulement. Encore fallait-il avoir eu les bons réflexes :
– Demander l’accord du maître d’ouvrage avant d’utiliser des matériaux de récupération sur un chantier, afin qu’il soit bien conscient des avantages et des contraintes.
– Prévoir des locaux pour pouvoir stocker correctement le matériel, sans qu’il subisse de dégradation.

Cette démarche écoresponsable bien ficelée, ne demande qu’à se renouveler.

Pour en savoir plus sur cette démarche cliquez ici

Pour en savoir plus sur le chantier « Le Charlemagne » : lire Technic’baie numéro 63 février 2017.

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